Hautes-Alpes : Mountain Wilderness nettoie les vestiges militaires de 1939
Selon Le Dauphiné Libéré, l’association Mountain Wilderness prépare une expédition dans les Hautes-Alpes, sur les traces des dispositifs militaires installés avant la Seconde Guerre mondiale.

Le groupe doit rejoindre le col de la Lauze depuis Val-des-Prés avec un objectif concret: retirer des installations abandonnées. Pour les visiteurs qui s’intéressent au patrimoine alpin, cette opération rappelle que l’histoire se lit aussi sur les cols, les anciennes lignes de défense et les accès de montagne.
Du col alpin à la ligne de défense
À l’été 1939, alors que la tension monte en Europe, la France cherche à renforcer ses frontières après la mise en place de la ligne Maginot. Le 159e régiment d’infanterie de Briançon, qui compte alors environ 3 000 soldats, est envoyé le long des cols séparant la France de l’Italie fasciste.
Les militaires progressent en altitude avec des mulets chargés de ravitaillement. Une fois arrivés sur les secteurs concernés, ils installent des rangées de barbelés destinées à ralentir une éventuelle offensive ennemie. Ce détail donne une lecture très concrète du paysage: derrière un col, un chemin ou une zone aujourd’hui parcourue pour la randonnée, il pouvait y avoir un dispositif logistique et défensif particulièrement difficile à mettre en place.
Pour le public du Moulin de Sachas, cette actualité ouvre un prolongement intéressant: le patrimoine ne se limite pas à un bâtiment ou à un mécanisme. Il comprend aussi les traces laissées par les usages successifs de la vallée et de la montagne, à condition de savoir les observer sans les détacher de leur contexte.
Une expédition qui vise les installations abandonnées
Quelque 87 ans plus tard, une expédition de 49 personnes doit gravir le col de la Lauze au départ de Val-des-Prés. Selon le récit publié par Le Dauphiné Libéré, l’objectif est d’arracher les installations militaires laissées à l’abandon.
Le verbe est important: il ne s’agit pas seulement de photographier des vestiges ou de raconter une page d’histoire. L’opération s’attaque directement à des équipements encore présents sur le terrain. Le texte disponible ne précise pas le détail des installations concernées, ni les conditions exactes d’intervention. Il faut donc éviter d’en déduire l’ampleur du chantier ou son calendrier.
Si vous envisagez de vous rendre dans ce secteur, anticipez la difficulté logistique avant de partir. Un col alpin ne se visite pas comme un site aménagé: vérifiez l’accès autorisé, le balisage disponible et les conditions du terrain, puis adaptez votre équipement à la marche en altitude. Surtout, ne tentez pas de déplacer vous-même un élément militaire ou un vestige rencontré en chemin. L’intérêt historique d’un objet tient aussi à son emplacement et à son inscription dans le paysage.
Ce qu’il faudra suivre
Le point à surveiller est le résultat de cette expédition: les installations seront-elles effectivement retirées, et quelles traces resteront visibles sur le parcours? À ce stade, les éléments disponibles indiquent une démarche annoncée, mais ne permettent pas de confirmer son déroulement ni son bilan.
Cette prudence est utile pour préparer une visite patrimoniale. Sur le terrain, prenez le temps de repérer les changements de pente, les passages de col et les itinéraires d’approvisionnement possibles. La montagne conserve rarement une signalétique complète: l’histoire apparaît souvent par fragments, dans un alignement, une structure métallique ou une portion de chemin.
Pour les visiteurs du Moulin de Sachas, c’est une bonne méthode à retenir: arpenter un site historique, ce n’est pas seulement rejoindre un point précis. C’est comprendre comment les hommes ont franchi le relief, transporté leurs ressources et adapté les lieux à leurs besoins. Ici, le col de la Lauze rappelle que cette lecture peut aussi s’étendre aux équipements militaires de la vallée.